Le squat Izmir, lieu d'activités et d'habitation dans le quartier Beaubrun à St-Etienne, ainsi que ses habitant-e-s, ont été expulsé-e-s mercredi matin (26 juillet 2006). Pour la ville de st-étienne et tou-te-s les "urbanistes bourgeois-es", c'est la poursuite normale des opérations urbaines, dont le but est d'embourgeoiser les quartiers environnant le centre ville, entraînant la disparition de quartiers populaires tels que Beaubrun. Mais pour beaucoup de gens, c'est la fin d'un projet riche, intense (parfois), qui a pu créer plein de rencontres, de moments de joie, de colère aussi, de débats enrichissants ou stériles, qui était une source d'informations peu disponibles ailleurs, et qui participait au maintien d'une "culture alternative" sur st-étienne.
UNE EXPULSION ... (10 OCCUPATIONS ?)
Quelques détails sur l'expulsion (rapides, car ce n'est pas le plus important) : Les CRS, policiers, huissiers, RG, maçons, déménageurs et autres sont arrivés à 6 heures du matin. Les CRS ont commencé à essayer de défoncer notre porte d'entrée. Toutes les rues alentours étaient bloquées ou filtrées. Peu après, les CRS ont réussi à entrer dans le bâtiment (pour celles et ceux qui connaissent le lieu : en défonçant la porte de la salle d'activité, puis en cassant le mur qui sépare cette salle du couloir d'entrée). Ils ont controlé notre identité, puis nous ont laissés déménager les affaires que nous voulions garder. Des ouvriers ont ensuite détruit le toit et barricadé la maison, pour qu'elle ne soit plus réoccupable. Izmir est mort, mais la tête de mort de la maison pirate continue à hanter la ville.
La mairie veut démolir ce bâtiment et ceux d'à côté, dans le cadre du Grand Projet de Ville (GPV). Son objectif est de transformer ce quartier populaire dans lequel il fait bon vivre en quartier pour des gens plus riches. Nous savons que la mairie pourrait construire ou rénover des logements ailleurs, étant donnée la quantité énorme de bâtiments vide qu'elle possède. Mais elle a l'air de ne pas tenir compte de la présence d'izmir et de l'importance de lieux comme celui-ci. Pourtant ces lieux continueront d'exister, tant qu'il y aura des gens pour les faire vivre. Et plus ces gens seront nombreux, plus ce mouvement sera vivant. A bon-ne entendeur-e, ...
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